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Deux poids, deux mesures

Crédits photographie : Visuel libre de droit

"Aujourd’hui, des manifestations interdites de milliers de personnes se déroulent dans toute la France, visiblement en parfaite impunité."

23 300 manifestants dans toute la France, 5 500 à Paris. « Malgré l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes sur la voie publique, les cortèges ont atteint jusqu’à 5 000 personnes à Lyon, 1 500 à Lille et à Nantes, plus de 3 000 à Marseille. A Bordeaux, au moins 2 500 personnes ont observé, agenouillés et pour certains le poing levé, une longue minute de silence. Vendredi soir, entre 1 500 et 3 000 personnes s’étaient déjà rassemblées devant le palais de justice de Rouen. « Il n’est pas question de ne pas faire entendre notre voix », revendique un homme, 27 ans, sur la place de la Concorde ».

Etrange autorité à deux vitesses, étrange pays. Pendant plus de 50 jours, nul ne pouvait sortir de chez lui plus d’une heure, sans un sauf-conduit minutieux ou il fallait cocher une petite case indiquant le motif de la sortie avec interdiction de courir entre 10 et 19h… Jamais sans doute dans l’histoire, la liberté d’aller et venir n’avait été mise entre parenthèses dans le cadre d’un régime d’assignation à résidence généralisé, de Lille à Biarritz, de Nice à Brest… Des contrôles méticuleux étaient mis en place partout. Une froide autorité a régné sur le pays, avec des cas de personnes âgées, octogénaires, sévèrement punies pour une rature sur le sauf-conduit, l’interdiction formelle de se rendre en forêt, sur la plage, en montagne. Mais aujourd’hui, des manifestations interdites de milliers de personnes se déroulent dans toute la France, visiblement en parfaite impunité. Comble de l’absurde : ces manifestations sont dirigées contre l’Etat et les forces de l’ordre. Or, les rassemblements de plus de dix personnes restent formellement interdits. La loi est-elle la même pour tous ? Qui peut imaginer les dégâts dans l’opinion ? Rien n’est pire que le « deux poids deux mesures » qui encourage la révolte, le vote protestataire et les extrêmes. C’est tout le monde ou c’est personne ! Voilà qui alimente le sentiment d’injustice, de la haine tous azimuts dans ce pauvre pays déchiré et malade.