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Etchebest 1 – Bigard 0

Crédits photographie : Visuel libre de droit

Paris et la petite couronne sont désormais classées en zone d'alerte maximale. Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a annoncé la fermeture totale des bars à compter du mardi 6 octobre et pour une durée de 15 jours.

Les nouvelles restrictions sanitaires pour Paris ont été annoncées, et ce sont les patrons de bars qui trinquent. Ils vont devoir baisser le rideau. En revanche, les restaurants pourront rester ouverts. C’est bien connu, le covid circule de verre en verre, et non d’assiette en assiette.

Une différence de traitement entre bars et restaurants qui a de quoi choquer, d’autant plus que l’efficacité supposée de ces mesures reste à démontrer. Pourquoi des amphis et des transports bondés seraient-ils plus sûrs que des bars à moitié vides où les gestes barrières sont davantage susceptibles d’être respectés ?

Tout le monde sait que le cœur du problème vient du manque de lits en réanimation, qui avait conduit à un confinement en mars. En juillet, Olivier Véran (« les masques ne servent à rien ») avait promis 12.000 lits de réanimation à l'automne, contre 5.000 lors de la «première vague». Mais pas une place de lit supplémentaire n’a été créée en six mois. Devant tant d’amateurisme, on peut comprendre que la parole gouvernementale ne soit désormais plus audible.

Ce sont donc deux grandes gueules qui se font entendre à sa place : Philippe Etchebest et Jean-Marie Bigard. Philippe Etchebest, « le chef qui ne lâche rien », a invité plusieurs restaurateurs à faire entendre leurs voix vendredi 2 octobre. Des louches, des casseroles, des spatules qui se sont agitées, occasionnant un sérieux tintamarre remarqué sur les marches de l’Opéra de Bordeaux. Jean-Marie Bigard, « le comique qui lâche tout », a quant à lui pris la défense des bars dans une vidéo, en qualifiant le ministre de la santé Olivier « Véreux » de « c*nnard ». Deux méthodes différentes, deux résultats différents. Mais Etchebest marque un point puisqu’à Paris, les restaurants restent ouverts tandis que les bars ferment.

On voit bien que le gouvernement navigue à vue et prend des mesures arbitraires, injustes et dans la précipitation (Marlène Schiappa a déclaré que le protocole sur les restaurants a été écrit « dans la nuit»). Ce que l’on retiendra avant tout de cette gestion de crise, c’est l’impéritie de nos gouvernants qui, au lieu de s’amender, préfèrent jeter l’opprobre sur une partie de la population dont le rôle est justement de créer du lien social. Mais est-ce bien surprenant de la part d’un président qui depuis le début de son quinquennat (gilets jaunes, réforme des retraites…) contribue à distendre ce lien. Le Covid n’en est que la quintessence. Cette crise ressemble de moins en moins à une crise sanitaire et de plus en plus à une crise politique.