Nous soutenir

François Berléand n’aime pas les anti-vaccins

Crédits photographie : Visuel libre de droit

« On est dans le pays de Pasteur putain ! Et il y a des crétins qui pensent qu'on ne doit pas se faire vacciner ! Tant pis pour eux, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise… »

Il y a deux catégories de Français que François Berléand ne porte pas particulièrement dans son cœur. Et il le fait savoir. Il y avait d’abord les gilets jaunes : « Moi, ils me font chier! Au début, on est solidaire on signe. Mais au bout d’un moment ça va...» (RTL, février 2019). Il y a maintenant ceux qui défendent la non-vaccination contre le Covid-19 : « On est dans le pays de Pasteur putain ! Et il y a des crétins qui pensent qu'on ne doit pas se faire vacciner ! Tant pis pour eux, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise… »

Pourquoi ce soudain emportement ? On commence à comprendre lorsque le comédien s’épanche sur sa situation financière, qu’il juge délicate : « Je suis à découvert ». Alors si la vaccination est l’une des conditions nécessaires (mais rien ne prouve qu’elle sera suffisante) à la reprise des activités culturelles (théâtres, tournages...), il ne peut y avoir, selon lui, de débat contradictoire. Clap de fin.

Selon un sondage Ifop-Fiducial pour CNEWS et Sud Radio, dévoilé ce jeudi 14 janvier, seulement 54% des Français affirment avoir l’intention de se faire vacciner contre le coronavirus. La France est ainsi l’un des pays du monde comptant le plus grand nombre de sceptiques. L’origine de cette défiance ? La perte de crédibilité des autorités scientifiques, médicales et politiques, suite aux tergiversations multiples quant à la stratégie de gestion de l’épidémie (restrictions, couvre-feux, discours anxiogènes et contradictoires sur les masques...), sans oublier le retard à l’allumage de la campagne de vaccination, perçu comme une certaine prudence des gouvernants vis-à-vis des vaccins, et apportant de l’eau au moulin des sceptiques.

Le participant au dîner à la Rotonde à l’occasion de la victoire d’Emmanuel Macron refuse de considérer le Président comme responsable. Même avec la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, il se fait "l'avocat plutôt que le procureur". Cependant, le comédien âgé de 68 ans va devoir, comme de nombreux Français, prendre son mal en patience avant de se faire vacciner et éventuellement retourner sur les planches. En attendant, manier l’insulte n’est certainement pas la meilleure stratégie pour convaincre les sceptiques d’aller se faire piquer.

On se souvient de François Berléand (magistral) jouant Rachin, un directeur d’internat tyrannique et sadique dans « Les Choristes ». Au cours d’un échange musclé avec Clément Mathieu (Gérard Jugnot), Rachin se moque de son statut de surveillant et assène « si vous croyez que ça m’amuse de jouer les garde-chiourmes. Faut bien que quelqu’un le fasse ! » et de lancer à la fin de sa diatribe : « Allez au Diable ! » Aujourd’hui encore, François Berléand se plaît à jouer le garde-chiourme avec les anti-vaccins.