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Les dessous du coup de fil de Jupiter à Jean-Marie Bigard

Crédits photographie : Visuel libre de droit

Une nouvelle scénette tirée de l'actualité par les auteurs de la pièce de théâtre « Le grand saigneur », Marianne Serfa et Sébastien Bérard.

Palais de l’Elysée, mai 2020
Jupiter reçoit dans son bureau son premier conseiller.

Le premier conseiller : Votre cote de popularité a encore chuté Monsieur le Président. En revanche, celle de Monsieur le Premier ministre continue de grimper.
Jupiter : Ce dépendeur d’andouilles commence à me faire de l’ombre. Il va falloir que je m’en débarrasse. Je ne veux pas d’un Fillon bis qui me colle aux basques tout le quinquennat. Je vais lui montrer qui c’est le chef. Je vais lui faire une prescription et une sévère. Il se prépare des migraines, des nuits aussi blanches que sa barbe. Mais on va faire ça proprement en organisant le second tour des municipales. Avec de la chance, il sera élu maire du Havre.
Le premier conseiller : Je vous propose la date du 28 juin. L’épidémie semble désormais sous contrôle, ce qui n’était pas le cas au premier tour…
Jupiter : … que ces prétendus sachants du conseil scientifique m’ont conseillé de maintenir. Mais c’est Raoult que j’aurais dû écouter. Il avait raison en disant que l’épidémie disparaîtrait au printemps.
Le premier conseiller : En effet. Mais il faut nous préparer à la deuxième vague qui sera sociale. La crise sanitaire n'a pas confiné les revendications.
Jupiter : Pour l’instant ils nous foutent la paix, mais ça nous a coûté des dizaines de milliards. Et quand on distribue un pognon de dingue, tout le monde se tient à carreaux. Sauf qu’à force, les pauvres ont fini par croire que l’argent magique existait vraiment. Vous avez remarqué leur entêtement à vouloir toujours plus lorsqu’ils n’ont rien ?
Le premier conseiller : Nous devons nous préparer à un retour des gilets jaunes.
Jupiter : Je ne sais pas ce qui m’angoisse le plus : les manifestations des gilets jaunes ou la gestion de l’ordre par Castaner et Lallement. Le problème du képi est qu’il déforme la tête.
Le premier conseiller : A ce sujet, avez-vous vu la vidéo d’un des plus fervents partisans des gilets jaunes, Jean-Marie Bigard, qui critique votre façon de gérer la crise du coronavirus et demande la réouverture des bars ?
Jupiter : J’en ai marre de ces irresponsables qui cherchent à faire des procès.
Le premier conseiller : Il a dit que le pays était dirigé par des « guignols » et, passez-moi l’expression, qu’il vous « chiait » dessus. Sa prestation a fait plusieurs millions de vues.
Jupiter : Je sais. Mais il est populaire le bougre. Je pense que je vais l’appeler. Brigitte m’a donné son numéro. Elle l’avait appelé au sujet de la sauvegarde d’une maternité il y a quelques années. Il lui a refait le sketch des toilettes de camping au téléphone. La pauvre.
Le premier conseiller : Avec Bigard, ça tourne souvent autour du trône…
Jupiter : … mais quand on touche au trône, on s’attaque à la personne du roi. Cela fait un moment que le feu couve. La marmite bout et je ne veux pas finir comme la grenouille de la fable. Il faut sauter hors de la marmite et essayer de reconquérir ces gens-là.
Le premier conseiller : En faisant semblant de les écouter.
Jupiter : Si je les écoutais, je nommerais Raoult ministre de la santé…
Le premier conseiller : … Et Bigard son directeur de cabinet. (Rires)
Jupiter : Allez. Trêve de plaisanterie. J’appelle le comique. Avec cette histoire de covid, je vais certainement avoir droit au sketch de la chauve-souris.