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Les leçons tirées des 5 mai de l'histoire

Crédits photographie : Visuel libre de droit

Aujourd'hui, 5 mai 2020, la France se meurt de ses politiques destructrices, de ses batailles perdues sans combat, qu'elles soient identitaires, économiques ou culturelles.

Auguste Comte aimait à clamer que "les morts gouvernent les vivants", ce que Raymond Aron complétait en rappelant que "l'histoire est tragique". Triste prophétie en cette date du 5 mai alors que la cacophonie gouvernementale ne cesse de s'amplifier.

Sinistre 5 mai de notre histoire. En ce 5 mai 1821, l'Empereur Napoléon rendait son dernier souffle sur l'île d'Elbe. La mort de l'homme signe la fin de la dernière expression de la Grande France, de la première puissance européenne, d'une certaine idée de l'Etat, d'une vocation impériale. Enfant de la Révolution, Grand Homme du Consulat puis Héros de l'Empire : un destin français. Le symbole d'une civilisation qui dominait le monde.

En ce 5 mai 1992, le regretté Philippe Séguin prononçait un admirable discours à l'Assemblée Nationale en opposition au Traité de Maastricht. Visionnaire, l'homme alerta sur les atteintes manifestes à notre souveraineté nationale induite par la ratification à venir du traité. Dans un discours à l'héritage, sinon maurassien, au moins barrésien, le député, futur président de l'Assemblée, livrait un réquisitoire prémonitoire de défense de notre indépendance.

On peut aimer la France pour la gloire qui semble lui assurer une existence étendue au loin dans le temps et dans l'espace. Ou bien on peut l'aimer comme une chose qui, étant terrestre, peut-être détruite, et donc le prix est d'autant plus sensible.

Simone Veil, L'Enracinement. 

Avec Napoléon, nous aimions la France universelle, Séguin, dans une tradition gaulliste, nous fit chérir une France prenant la tête des puissance moyennes, souhaitons que nous n'ayons pas, dans quelques années, à pleurer sur sa tombe, sur son souvenir... Aujourd'hui, 5 mai 2020, la France se meurt de ses politiques destructrices, de ses batailles perdues sans combat, qu'elles soient identitaires, économiques ou culturelles, de sa dépendance aux vents des puissances étrangères. Finissons par les mots de Hudson Lowe, gouverneur anglais de l'Ile d'Elbe, face à la dépouille de l'Empereur :

Messieurs, c'était le plus grand ennemi de l'Angleterre, c'était aussi le mien. Mais je lui pardonne tout. A la mort d'un si grand homme, on ne doit éprouver que tristesse et profond regret.

A l'heure où nos gouvernants tentent d'adopter une loi d'immunité pénale face à leur future responsabilité dans la gestion du coronavirus, une leçon de panache et d'honneur n'est pas fortuite à rappeler...