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Bourses : est-il encore raisonnable d'acheter des actions ?

Crédits photographie : Visuel libre de droit

Nous approchons d'un moment critique sur les marchés : verra-t-on une deuxième jambe de baisse ou la poursuite de la récupération ?

Il y a d'un côté les marchés actions, qui progressent depuis fin mars avec un rebond de près de 30% et des investisseurs qui considèrent la récession due à l'épidémie comme une parenthèse. Et que, comme la chute fut rude, le retour de la croissance sera également très vigoureux à moyen terme. En général, les indices actions s'infléchissent à la hausse environ six mois avant la fin des récessions, au moins aux Etats-Unis. C'est la vue positive de l'équation.

De l'autre, il y a les marchés des matières premières où le pétrole a subi un véritable bain de sang la semaine dernière : le baril WTI de brut léger américain s'est retrouvé en territoire négatif (-40$ en séance) pour la première fois de son histoire. Certes, des facteurs techniques expliquent l'origine de cette hécatombe, mais la surabondance d'offre constitue la toile de fond. Et on voit mal comment tous ces excédents seront épongés alors que le risque existe d'une reprise en pointillés. Le marché des taux reflète également la volonté de se détourner des actifs risqués avec le retour des primes sur les pays les plus fragiles (l'Italie notamment, même si la maintien de la notation du pays par l'agence Standard & Poor's a fait diminuer la pression). L'or, également, navigue proche de ses records (autour de 1.750$) : cela traduit l'attrait classique pour les actifs refuges, mais aussi la crainte d'un retour de l'inflation à terme.

Alors, qui se trompe dans l'histoire ? Historiquement, la grande majorité des krachs a été suivie par une reprise en "W", c'est-à-dire que les marchés ont subi une seconde correction avant de vraiment rebondir. Mais une variable de l'équation pourrait faire déjouer les statistiques cette fois-ci : la débauche de liquidités émises par les Etats et les Banques centrales. Le tout à des taux nuls, voire négatifs. De nouveau, les marchés actions sont en apesanteur. La BCE et la Fed ont levé des tabous en acceptant notamment de la dette spéculative en collatéral ou en annonçant que les rachats d'actifs seraient potentiellement illimités.

Encore plus qu'avant, la monnaie ira dans donc des investissements non productifs puisque la demande est quasiment à l'arrêt, du moins pour l'instant. Cela pourrait permettre aux Bourses de venir tutoyer artificiellement de nouveaux records d'ici la fin d'année - espoir auquel se raccroche d'ailleurs Donald Trump. Cette hypothèse repose avant tout sur l'absence de deuxième vague épidémique (la Chine est à surveiller) qui remettrait en question la tendance haussière. Jusqu'ici, les pessimistes sont encore nombreux sur les marchés mais ils pourraient d'ici peu perdre patience et prendre le train de la hausse et l'amplifier.