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Convention citoyenne pour le climat : la farce écologiste

Crédits photographie : Visuel libre de droit

On se retrouve encore une fois face à une écologie purement punitive, dans la plus pure tradition de l’écologie politique telle que défendue par Greta Thunberg.

Présentée comme une « expérience démocratique inédite en France », la convention citoyenne pour le climat était censée donner la parole aux citoyens pour réfléchir à lutte contre le réchauffement climatique. Une initiative qui s’apparente en réalité à une nouvelle opération au service de l’écologie politique.

Créée en janvier 2019, alors que le pays était en pleine crise des Gilets Jaunes, cette convention citoyenne a été présentée comme un moyen d’intégrer une représentation populaire dans le mécanisme de décision publique, en désignant 150 participants tirés au sort, issus de toutes les catégories socioprofessionnelles et supposés former un panel représentatif de la population française.

Il est ressorti de cette assemblée un rapport de 600 pages contenant 150 propositions, elles-mêmes regroupées en plusieurs grandes thématiques : logement, nourriture, consommation et déplacement. Au milieu de quelques suggestions qui paraissent assez raisonnables sans être réellement nouvelles (comme le développement de l’agriculture biologique, la lutte contre les additifs alimentaires ou la volonté de mettre fin à l’obsolescence programmée), on a toutefois pu noter quelques propositions qui peuvent laisser nettement plus perplexes.

Parmi celles-ci, une foule d’idées qui s’apparentent encore une fois à une chasse à l’automobiliste ! Déjà, au travers de certains mécanismes incitatifs visant à limiter l’usage de la voiture (comme, par exemple, en réformant le système d’indemnité kilométrique de l’impôt sur le revenu), mais  surtout en recherchant à contraindre toujours un peu plus les déplacements, notamment par la proposition phare de ce rapport qui consiste à abaisser la limitation de la vitesse sur autoroute à 110 km/h au lieu de 130.

Une idée assez saugrenue et déconnectée des réalités, qui a rapidement entraîné l’inquiétude légitime de nombreux automobilistes. Même si, sur le fond, elle peut sembler difficilement applicable, surtout après la séquence de la limitation à 80 km/h sur les routes nationales qui avait été, avec la hausse des prix du carburant, l’un des éléments déclencheurs des Gilets Jaunes.

Toutefois, le plus inquiétant semble plutôt se trouver du côté des modifications constitutionnelles qui ont été proposées. Le rapport suggère ainsi de modifier le préambule de la Constitution en ajoutant « La conciliation des droits, libertés et principes qui en résultent ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité » ainsi que l’article premier auquel il serait adjoint : « La République garantit la préservation de la biodiversité, de l'environnement et lutte contre le dérèglement climatique ». Sans oublier qu’il est également proposé de « légiférer sur le crime d’écocide », à savoir les actes de destruction d’un écosystème par l’exploitation humaine.

Si préserver l’environnement est une cause consensuelle et qui doit concerner la population mondiale dans son ensemble, on s’aperçoit à la lecture des propositions phares issues de cette convention qu’on se retrouve encore une fois face à une écologie purement punitive, dans la plus pure tradition de l’écologie politique telle que défendue par Greta Thunberg, et que certains souhaitent désormais  carrément intégrer à la Constitution afin de rendre ses principes à la fois intouchables et incontestables.

Ici, on se trouve bien face à une écologie basée sur la coercition, plus proche de l’idéologie que du vrai souci de la nature et qui cherche davantage à sanctionner les comportements individuels plutôt que de repenser le problème dans sa globalité. Une écologie orientée vers la remise en cause des habitudes quotidiennes et des modes de vie, et qui réussit dans le même temps à éluder la question du libre-échange sans frontières, dont les effets délétères sur la planète ne cessent de se constater en matière de pollution, d’exploitation des ressources naturelles et de surconsommation de produits inutiles.

Alors que la période de crise sanitaire que l’on a traversé a bien démontré les limites de ce mode d’organisation, on aurait pu s’attendre à ce que se dégagent de ces travaux des solutions d’inspiration protectionniste et fondées sur une volonté de retour à davantage de souveraineté en favorisant notamment le localisme contre le mondialisme. Le recours au local étant la seule façon de promouvoir une écologie intelligente, basée sur les circuits courts et la production nationale, ce qui évite des transports au coût environnemental élevé et permet de sortir de la dépendance à des productions étrangères qui n’ont pas les mêmes préoccupations, ni sur le plan écologique, ni même sur le plan humain. 

Bien entendu, on peut se dire que la présence de certains « experts » pour animer les débats, (des membres de Greenpeace, de la fondation Nicolas Hulot, des institutions européennes ou encore de grands groupes comme Danone) ont eu une certaine influence sur les membres de cette convention. Sans oublier que le comité de gouvernance pour la convention citoyenne est co-présidé par Thierry Pech, directeur du think-tank ultra-progressiste Terra Nova, et Laurence Tubiana, directrice générale de la Fondation européenne pour le climat, ancienne négociatrice de la COP-21 sous François Hollande. Une façon de comprendre que le monde d’avant semble bien être encore aux manettes de la réflexion sur le monde d’après…

Ainsi, tout ce qui est ressorti de cette grand-messe écologiquement correcte semble décidément assez éloigné des préoccupations des Français, et particulièrement des revendications exprimées par les Gilets Jaunes. Alors que l’idée même de cette convention citoyenne était pourtant une façon de répondre au déficit de représentativité dénoncé par les protestataires.

Tout cela s’apparente donc à une grande opération de green washing politique, visant à imposer toujours plus d’écologie politique et coercitive pour « changer la société en profondeur » en n’apportant, en réalité, aucun changement pour une société déjà en souffrance et qui mériterait mieux que de nouvelles restrictions et des contraintes supplémentaires.

Gageons que si certaines de ces propositions sont soumises à référendum, comme cela est envisagé, celui-ci risquera fort de s’avérer périlleux pour le gouvernement…