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Et il est où, le "monde d'après" ?

Crédits photographie : Visuel libre de droit

Le « monde d’avant » reprend peu à peu ses droits. Le pouvoir jupitérien annonce « une nouvelle ère », un acte III, qui va succéder à l’acte II, qui va donc se substituer à la « révolution »...

La fin de la pandémie de covid-19 en Europe est annoncée. Pendant le confinement, les tribunes, déclarations et pétitions prédisant que dans « le monde d’après », rien ne serait plus comme avant, ont foisonné. Pourtant, le « monde d’avant » reprend peu à peu ses droits : les magasins ont rouvert ; les terrasses de café sont pleines comme les parcs et les jardins publics ; les manifestations illégales se déroulent un peu partout ; la police se fait insulter ; la France compte 4,5 millions de chômeurs ; les hausses d’impôts guettent ; les déficits et la dette pulvérisent des records ; la réforme des retraites va reprendre et avec elle le mouvement social ; le bac bradé ; le deuxième tour des municipales se prépare, dans l’indifférence générale, et les sondages donnent une avance écrasante à Mme Hidalgo sur Mme Dati ; M. Baroin indique qu’il dévoilera ses intentions pour la présidentielle à l’automne ; M. Mélenchon laisse entendre qu’il en sera ; Mme le Pen déjà candidate est sur toutes les chaînes ; les intellectuels ou supposés tels commencent, deux mois après, à s’interroger sur la légitimité du « confinement forcé » et son impact pour la liberté (d’autres se sont posé la question bien avant eux, en pleine crise) ;  la France se prépare pour les vacances estivales ; le pouvoir jupitérien annonce « une nouvelle ère », un acte III, qui va succéder à l’acte II, une nouvelle ère qui va donc se substituer à la « révolution », au « renouvellement », au « nouveau monde », à la « transformation de la France », à la « refondation de l’Europe », à la « réinvention ». Une ère nouvelle, donc. Après, il faudra trouver d’autres formules pour finir le premier quinquennat et préparer le second : le bouleversement ? la métamorphose ? la recréation ? Pourquoi pas la récréation, qui ne ferait de mal à personne ? Il ne manque plus, au monde d’après, pour épouser intégralement les formes du monde d’avant, que les avions dans le ciel. Espérons que cela ne tardera plus : s’évader au loin, foutre le camp au bout du monde pour penser à autre chose !