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Ils étaient Charlie...

Crédits photographie : Visuel libre de droit

L'union nationale et transpartisane du 11 janvier est désormais bien révolue.

Cinq ans sont passés et alors que le procès de l'attentat s'ouvre dans les prochains jours, les récentes actualités relèguent au rang de lointain souvenir le cri républicain de tout un peuple.

Dernier épisode en date : la caricature de Danièle Obono dans Valeurs Actuelles. La caricature est grossière, de très mauvais goût. Certes. Mais les caricatures de Charlie Hebdo sur le Front National ou l'Eglise, celle de Plantu représentant une Marianne en position fort peu élogieuse sur le fronton de l'Assemblée Nationale et tant d'autres,
l'étaient-elles davantage ? Les sketchs des Guignols étaient-ils des représentations de complaisance ?  Assurément non. Et pourtant, comme l'avait rappelé solennellement, avec force et justesse, le président Hollande devant les locaux du journal martyr, la liberté d'expression, la liberté de la presse, le droit de blasphémer, de transgresser, l'art impétueux, constituent des fondements intangibles de notre pays.

Cinq ans après ce vibrant discours, l'ensemble de la classe politique, président de la République inclus, s'offusque de la caricature de Valeurs Actuelles. Le ministre de l'Intérieur tweetant (mode de communication favori de notre gouvernement) qu'il s'exprime au nom des "principes et valeurs de notre République". A quels principes et valeurs fait-il référence ? Ceux de notre corps normatif ou ceux de l'émotion individuelle ? Considère-t-il que ces principes et valeurs prohibent la représentation du Prophète Mahomet et par-delà, que l'émotion des frères Kouachi permet de justifier leur acte barbare ? Gérald Darmanin s'habille, à longueur de déplacement, de fermeté. Quid en matière de liberté d'expression et de liberté de la presse ?

De cette affaire, deux éléments sont à relever. L'un endogène : la caricature est grossière et sans intérêt. Elle s'inscrit dans un "feuilleton" de l'été du journal qui avait préalablement caricaturé le professeur Raoult sans que cela ne soulève l'ire marseillaise. Le texte associé ne plaira certes pas à tout le monde mais n'est pas pénalement
répréhensible (au grand damn de ces fervents partisans de l'Etat de droit se servant de chaque prétexte pour tenter de faire taire juridiquement leurs opposants). Polémique qui sera finalement enterrée aussi vite qu'elle a surgi.

L'autre exogène : il s'agit d'une nouvelle expression de la cabale orchestrée par les minorités organisées visant à faire taire toute voix dissonante au nouveau monde qu'elles veulent imposer dans notre pays. Rappelons que la France Insoumise a été en première ligne sur le mouvement de demande de déboulonnage des statues, qu'elle a participé, sans vergogne, à la "Marche contre l'Islamophobie" organisée par des personnages que nous qualifierons de "clivants". Jean-Luc Mélenchon aime à clamer qu'il souhaite le retour de la "gauche". De quelle gauche parle-t-il ? Au vu des derniers évènements, nous craignons qu'il ne parle de la gauche colonialiste du 19e siècle et du pacte germano-soviétique...

Ils étaient Charlie, mais aussi Juifs et policiers. Au vu de la dernière manifestation Traoré à laquelle nos amis de France Insoumise ont apporté leur soutien, force est d'en douter.

Mémoire, hommage et respect aux martyrs de janvier 2015 fauchés par les balles de l'anti-France, qu'ils soient journalistes, policiers ou Juifs....