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Le dernier bar avant la fin du monde

Crédits photographie : Visuel libre de droit

Les indicateurs sanitaires à Paris sont mauvais et laissent entrevoir une fermeture totale des bars et restaurants. La capitale va-t-elle connaître le même sort funeste que Marseille ?

Le tribunal administratif de Marseille a rejeté mercredi la demande de suspension de l’arrêté qui ordonne la fermeture des bars et des restaurants à Marseille et Aix-en-Provence. L’avocat de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), premier syndicat patronal des cafés, hôtels, restaurants, Grégory Nicolaï, a annoncé son intention de saisir le Conseil d’État. Philippe Korcia, président de l’UPE 13 (Union pour les entreprises) a également déclaré : « Je réinvite le président Macron à venir pour voir tout ce qui a été mis en place ».

Rappelez-vous, c’était en septembre 2018. À l'occasion des Journées du patrimoine, le chef de l'État discutait avec un jeune chômeur affirmant ne pas trouver d'emploi. « Vous voulez travailler dans quel secteur ? » demande le président. « À la base, je suis horticulteur. J'ai envoyé partout dans les mairies, mais ils ne me prennent pas ». Le chef de l’État suggère au quidam de changer purement et simplement de voie. Rien que ça. Désormais conseiller Pôle emploi, le président assène : « Mais si vous êtes prêt et motivé... Dans l'hôtellerie et la restauration, dans le bâtiment, il n'y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu'ils cherchent des gens. Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve ! Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler. Avec les contraintes du métier. » Emmanuel Macron enchaîne : « Vous faites une rue, vous allez à Montparnasse, vous faites la rue avec tous les cafés et les restaurants... Franchement, je suis sûr qu'il y en a un sur deux qui recrute en ce moment. Allez-y ! »

Deux ans plus tard, force est de reconnaître que le conseil prodigué par notre président était fort peu judicieux. La faute à qui ? La faute à bibi, qui a tout fait depuis pour laminer les cafés et restaurants. Déjà éreintés par le confinement, il a enfoncé le clou en ordonnant des fermetures à Marseille, et après 22h dans une dizaine de villes. 

Espérons que le jeune horticulteur n’a pas écouté notre président qui, toujours prompt à donner des leçons, est davantage préoccupé par les problèmes internationaux (Liban, Biélorussie) que les problèmes nationaux. Les filières liées au tourisme et à la restauration sont en crise. Comme il est aisé de pointer du doigt toute une profession et de sacrifier les restaurateurs, sans trop que l’on sache pourquoi. Après tout, il faut bien des covid émissaires (https://www.apartes.net/articles/actualites/covid-emissaires). Cette décision reflète le mépris de la classe dirigeante pour des lieux de convivialité qui sont l’âme de la France profonde. Après tout, qui sont ces gens qui traînent encore dans les bars après 22h ? Des « fainéants », des « gens qui ne sont rien » et qui, un peu éméchés, risquent de « foutre le bordel » ? 

Les indicateurs sanitaires à Paris sont mauvais et laissent ainsi entrevoir une fermeture totale des bars et restaurants. La capitale va-t-elle connaître le même sort funeste que Marseille ? S’il vous plaît, ne tapez pas trop fort, monsieur le président. Fort de vos glorieux faits d’armes qui vont faire mettre la clef sous la porte à tant de restaurateurs, vous allez certainement vouloir renouveler votre bail à l’Élysée pour cinq ans. Il est donc indispensable que La Rotonde tienne au moins jusqu’en mai 2022.