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Piège à cons ?

Crédits photographie : Visuel libre de droit

Faudra-t-il admettre que les gauchistes qui scandaient en mai 1968 « élections piège à cons » n’avaient pas tout à fait tort ?

Les révélations de l’ex-procureur financier ne nous surprennent pas vraiment. Nous nous doutions que « l’affaire Fillon » était le fruit d’une manipulation électorale de premier plan. Ses déclarations relatives aux pressions subies, aux instructions qui lui ont été données pour accélérer – précipiter – la procédure, provoquer une mise en examen de M. Fillon en quelques jours, et non en quelques mois ou quelques années, comme il est habituel, ne font que confirmer ce que nous pressentions. Le scrutin présidentiel de 2017 a été faussé par une manœuvre souterraine. Et le mauvais rêve que nous vivons depuis lors est le fruit de cette manipulation. Il est vain, dans ces conditions, de parler d’une démocratie française et du suffrage universel. Même si la réaction générale du monde politico-médiatique est de sous-estimer ou d’étouffer les faits, le scandale, qui mine les fondements de la démocratie française est, sur le fond, le plus grave de tous ceux qui ont frappé le pays depuis une dizaine d’années. Est-il pire crime, dans une démocratie, une république, pire forfaiture que la corruption d’un scrutin national ?  Comment s’étonner, dès lors, du taux d’abstention record ? Si le vote suprême, celui de la présidentielle qui détermine (dans ce régime débile), la législative, est faussé, quel est l’intérêt de se rendre aux urnes ? Tout laisse penser qu’une lourde machinerie se met en route pour corrompre de nouveau le suffrage de 2022. Le bulldozer médiatique, l’appareil de propagande radio-télévision, a commencé son gigantesque matraquage pour organiser la mise scène du duel de titans le Pen/Macron. Le plan est déjà conçu et se met en route. Pendant les 22 mois qui viennent, tout ne sera que dédiabolisation, banalisation, et même valorisation du lepénisme, doublant le spectacle quotidien du champion de l’Elysée. Puis, dès la fin du premier tour, une fois acquis le second tour le Pen/Macron, la fascisation reprendra, furieuse, hystérique, obsessionnelle. Avec un objectif : devinez lequel ? Tout est prêt, le scénario est déjà en route. Seule (petite) inconnue : le bon sens populaire et le réflexe patriotique peuvent-ils enrayer cette sinistre mécanique ? Existe-t-il encore, dans les profondeurs de la nation, une intelligence nationale, une force de caractère, une puissance de rébellion démocratique permettant de déjouer l’odieux scénario ? Cela, nous le saurons dans moins de deux ans.