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Contre le Covid, initiatives financières des athlètes et e-sport

Crédits photographie : Visuel libre de droit

Les athlètes font preuve de générosité alors que toutes les compétitions sont en suspens.

L’Euro, Roland Garros, le Tour de France, la Ligue des champions et les JO de Tokyo font partie de ces événements sportifs contraints au report ou à l’annulation du fait de la crise du Covid-19. Le monde du sport est touché de plein fouet par la crise et se trouve endeuillé avec le décès de Pape Diouf, l’ancien président de l’Olympique de Marseille. La liste des victimes de la pandémie ne s’arrête pas là. Elle s’allonge avec de nombreuses personnalités testées positives, à l’instar de l’international français, Blaise Matuidi. 

En plus des vies humaines touchées, le coût économique résultant de la mise à l’arrêt du sport constitue une autre forme de tribut que le monde sportif doit payer au coronavirus. Entre les compétitions suspendues et celles annulées, la facture économique s’annonce salée. A lui seul, Tokyo 2020 avait mobilisé une enveloppe budgétaire de 11,6 milliards d’euros et cette manifestation sportive de grande ampleur a été reportée à 2021 alors que des dépenses faramineuses avaient déjà été engagées pour l’organisation de cet événement. Un peu plus modeste mais tout de même conséquent, l’arrêt de la saison du championnat européen, avec pas moins de 501 rencontres encore à disputer, va coûter entre 3,5 et 4 milliards d’euros à la Ligue européenne.

En France, la perte est estimée entre 300 et 400 millions d’euros du fait de la disparition des recettes de billets, des contrats commerciaux et des droits TV. Ces déboires sont amplifiés par la position des chaînes diffuseuses (Canal+ et Bein) de ne pas verser aux clubs les droits de diffusion prévus fin avril en l'absence de matchs disputés. 

Cette situation a contraint les joueurs à la générosité en consentant des dons importants pour sauver leurs clubs. A titre individuel, certains se disent prêt à s’asseoir sur leurs salaires durant ce moment de crise, lorsque d’autres consentent au report de leur salaire. Au niveau collectif, la Ligue 1 espère obtenir des joueurs un renoncement de 30% de leur salaire annuel. Et comme l’effort des joueurs sera loin d’être suffisant, l’Etat français vole au secours des entreprises sportives en les autorisant à recourir au chômage partiel de leurs salariés.

Les sportifs ne se contentent pas d’aider leurs clubs à garder la tête hors de l’eau. Ils se sont montrés très généraux en participant à l’effort général contre le Covid-19. Conor McGregor, la star internationale irlandaise du MMA, l’argentin Lionel Messi, Robert Lewandoski, le joueur polonais du Bayern, Pep Guardiola, l’entraîneur espagnol de Manchester City, Cristiano Ronaldo, le Portugais évoluant en Italie, Nadal, Federer, Djokovic ou encore Neymar sont les quelques noms de stars internationales qui n’ont pas hésité à verser jusqu’à 1 million de dollars pour combattre le virus. 

Les stars françaises se sont elles aussi illustrées : Franck Ribéry a offert 500.000 euros à des hôpitaux italiens. Pogba a lancé, en collaboration avec l’UNICEF, une cagnotte pour récolter des fonds au profit de la fondation AP-HP. Mbappe s’est lui aussi montré généreux. Les clubs sportifs se sont également joints à cet effort solidaire. C’est le cas du PSG qui a réalisé un don de 100.000 euros au Secours populaire alors que l'Olymîque Lyonnais a versé 300.000 euros pour participer à la lutte.

Si le sport traditionnel a attrapé la grippe du Covid-19, il semble trouver une parade en passant le relais au sport virtuel. L’e-sport, au-delà du débat sur son caractère réellement sportif ou non, permet à l’activité sportive d’échapper au confinement. 

C’est ainsi que la NASCAR, célèbre course automobile aux USA a créé la surprise en réunissant près de 900.000 spectateurs sur Fox Sports, qui supportaient leurs pilotes professionnels aux commandes de leurs bolides depuis leur maison. En France, le grand championnat national du rugby a repris l’initiative à travers le « Rugby 20 ». Le 22 mars, la chaîne Canal+ a même retransmis en prime time une rencontre entre le club e-sport du PSG et celui de l’Olympique de Marseille. 

Le sport ne se contente pas de s’échapper du confinement en s’invitant sur la toile. Il permet aussi à chacun de nous de sortir du confinement à l’extérieur ou à la maison. En effet, alors que le gouvernement accorde une dérogation de sortie limitée pour la pratique d’une activité physique dans son décret du 23 mars dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, le sport s’invite chez nous autrement que sur la toile et envahit nos salons, balcons et jardins.

Avec un simple tapis de sport et un peu de musique comme tout matériel, des millions de Français s’adonnent au gym, yoga, Pilate, danse, corde à sauter et autres activités sportives pour s’évader, rester en forme et vaincre l’ennui du confinement. Des coaches sportifs partagent gratuitement leurs activités sur les réseaux sociaux pour le bonheur des amateurs. Du côté des clubs de sports, on retrouve le même élan de solidarité. C’est le cas de Neoness notamment, qui a lancé son programme ConFitment qui propose des entraînements fitness sur Instagram et Facebook. 

En fin de compte, si le monde sportif n’est pas épargné par cette pandémie sanitaire avec des décès enregistrés dans ses rangs et des conséquences économiques lourdes à venir, l’espoir demeure avec un engouement généralisé pour le sport à la maison. En attendant la levée du confinement et les retrouvailles très attendues avec les grandes compétitions sportives, la pratique sportive individuelle, à la maison ou autour de notre maison, est de ces rares activités qui nous accompagnent dans ses moments difficiles en rythmant nos journées dans la sueur et la bonne humeur.