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Extrait du journal d'une runneuse

Crédits photographie : Visuel libre de droit

Douces réminiscences d'un dimanche de printemps à courir dans Paris.

Dimanche 5 avril, 8 heures 30.

Premier dimanche d'avril, le temps est printanier. Chic, c'est l'occasion de ressortir sweat et legging colorés et de remiser au placard les survêtements de pluie qui m'ont tout de même bien rendu service pendant l'hiver. Je chausse mes baskets et c'est parti. Dès les premières foulées, je me réjouis du bien-être qui m'envahit.

Hop, direction les quais de Seine à bon rythme. Place Saint-Michel. Je tourne la tête. L'immortelle et meurtrie Notre-Dame reste majestueuse. Il y a un an déjà. Cette pensée me serre le coeur.

Je poursuis au fil du Quai des Grands Augustins. Les ponts de Paris s’enchaînent : Pont Neuf, Pont des Arts, Pont Royal, Pont de la Concorde. Le flux de la Seine accompagne mes foulées et la beauté de Paris défile sous mes yeux : Louvre, Assemblée Nationale.

Je croise d'autres coureurs, on se salue, les tenues sont colorées, le cœur est léger. Puis arrive le Pont Alexandre III. Les Invalides sur ma gauche, les Petit et Grand Palais sur ma droite. Assurément le panorama que je préfère à Paris. Les dorures renvoient la lumière. Solaire.

Pas le temps de contempler, je poursuis ma route. Après quelques centaines de mètres, elle surgit. Majestueuse. Entourée de son écrin de verdure. Veillant sur Paris. La Tour Eiffel. Les coureurs ont envahi le Champ de Mars. Les familles se promènent. La file d'attente des touristes semble interminable.

Perdue dans mes pensées, mes foulées m'ont déjà conduit au Pont Mirabeau. Un dernier coup d’œil à la Seine. Il est temps de rentrer. Retour à petites foulées. Je profite du pic d'endorphines et les images de Paris occupent mes pensées. Un immense bien-être m'envahit. Je pense à la douche chaude qui m'attend, j'irai surement au marché après. La journée s'annonce belle. C'était vraiment un dimanche matin parfait pour courir.

J'ouvre les yeux. Je suis dans mon lit. Il est 10h30. La France est en guerre contre le coronavirus. Il est temps d'allumer la télé.

Et de s'extirper de ce doux rêve.