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Le report des Jeux Olympiques inévitable

Crédits photographie : Visuel libre de droit

A quatre mois du début des JO de Tokyo, de nombreuses voix s'élèvent pour un report de l'événement durant l'automne.

L'épidémie de coronavirus va très certainement entraîner le report des Jeux Olympiques prévus à Tokyo du 24 juillet au 9 août 2020. Si le CIO (Comité International Olympique) et les organisateurs japonais ont annoncé vouloir se donner le temps et rendre une décision dans un délai de quatre semaines, des voix de plus en plus nombreuses, dont celles du corps médical et des athlètes eux-mêmes, se lèvent pour demander une décision plus rapide qui mettrait fin à une incertitude qui n'en est plus vraiment une.

La raison de ces tergiversations est avant tout financière, car ni Tokyo ni le CIO ne peuvent se permettre de rompre les contrats de manière unilatérale sans subir des répercussions financières considérables. Il vaut donc mieux que l'idée vienne des autres. Mais elle a déjà fait son chemin : Richard Pound, ancien vice-président du CIO, qui n'a certes plus de fonction exécutive au sein de l'organisation, a récemment déclaré : "Sur la base des informations dont dispose le CIO, le report a déjà été décidé. Les modalités n'ont pas encore été déterminées mais les JO ne débuteront pas le 24 juillet, c'est tout ce que je peux vous dire". Le doyen du Comité estime que les Jeux pourraient être repoussés d'un an.

On imagine mal en effet comment un tel événement pourrait être maintenu. Car même si la pandémie est endiguée d'ici là, les contaminations n'auront pas complètement disparu et pourraient repartir en flèche dans le sillage des innombrables allers-retours des voyageurs se rendant en Asie. Outre la problématique des dollars, la santé des sportifs et l'équité des épreuves sont donc également en question. Des athlètes de renom ont critiqué la période de flou actuelle qui les contraint à continuer de s'entraîner dans un environnement rendu plus complexe avec la crainte de se faire contaminer ou de contaminer ses proches et les manières de s'en prémunir.

Sur place, la perspective d'un report a progressivement infusé, si bien que désormais, 70% des Japonais y sont favorables. Economiquement, ça n'est évidemment pas une bonne nouvelle alors que le pays vient de présenter un PIB en contraction de 6.3% en rythme annuel au dernier trimestre 2019. Le monde a temporairement changé et le roi dollar n'est plus l'absolue priorité : l'annonce officielle d'un report ne devrait pas tarder à tomber.